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Messages pastoraux

08 septembre 2005

Sœurs et Frères bien-aimés de Dieu et appelés à nous aimer les uns les autres, 

Paix et joie à vous grâce à Celui qui nous aime, qui a versé son sang pour nous et qui continue à marcher avec nous sur nos chemins d’Emmaüs!      

Nous sommes à la porte d’une nouvelle année pastorale. Le 11 octobre, jour de notre fête patronale diocésaine, où nous célébrons Marie Mère de l’Église, nous nous retrouverons afin de fortifier notre espérance et notre joie de servir l’Évangile. Dans quelques semaines, nous terminerons l’année consacrée à l’Eucharistie, ce grand mystère de la foi. Ce sont là des moments pour retrouver notre identité et notre mission comme Église de Gatineau-Hull. 

Jaillit dans ma mémoire une image. Je revois Jean-Paul II entrant dans la basilique St-Pierre de Rome par la porte sainte qu’il vient d'ouvrir pour inaugurer l’an 2000. Il porte très haut le livre des Évangiles. Actualisons parmi nous et dans nos cœurs ce geste alors que nous entrons dans cette année pastorale, dans nos activités, nos célébrations, nos rencontres, nos chemins de vie et de service, ainsi que nos questions et nos souffrances. 

Au cours de l’été, j’ai relu l’Évangile selon Jean. L’auteur explicite pourquoi il a écrit ce texte : « Pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom » (20,31). L’évangéliste nous dit pourquoi porter l’Évangile haut dans notre cœur, dans notre pensée, dans notre travail : pour fortifier notre foi, nourrir notre espérance, réchauffer notre amour et devenir des témoins crédibles. C’est pour cela que nous sommes en Église. L’Évangile est notre source, notre force, notre lumière, notre mission.  

Je me permets d’épingler quelques-unes des Paroles écrites pour que nous croyions. 

Il est écrit : ils lui dirent : « Que devons‑nous faire pour travailler aux oeuvres de Dieu? » Jésus leur répondit: « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé » (6,28-29). Là est caché tout le sens de notre service ou ministère en Église. Dieu veut aujourd’hui chez nous faire du neuf. Demandons à l’Esprit de le percevoir, de nous y engager, de travailler à l’œuvre de Dieu qui est que nous croyions en Jésus, que nous fassions vraiment confiance. 

Il est écrit : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim; qui croit en moi n'aura jamais soif » (6,35). Depuis longtemps, le Peuple de Dieu sait qu’il ne vit pas que de pain, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu (Deutéronome 8,3). Les JMJ, comme tant d’autres phénomènes, révèlent la faim, la soif angoissées de notre monde, surtout des jeunes, qui cherche autre chose que se gaver de biens matériels. Nous sommes là pour offrir cette autre nourriture : Jésus Christ, afin qu’ils puissent croire et vivre. 

Il est écrit : « Qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle » (4,14). C’est l’eau de sa Parole, offerte comme une source généreuse, intarissable. Elle murmure au fond des cœurs, des événements, de notre histoire humaine. Elle redit sans cesse : « C'est moi. N'ayez pas peur » (6,20). Nous sommes invités à y étancher nos fièvres, à y calmer nos angoisses, à y boire la paix et à l’offrir généreusement.   

Il est écrit : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour » (6,54). Nous avons besoin de lieux de rendez-vous avec Dieu. Ils sont nombreux. Mais un de ces lieux est privilégié : la célébration eucharistique dominicale (inaugurée par Jésus Ressuscité le soir de Pâques : voir 20,19.26), le rassemblement autour de Jésus Ressuscité continuant à nous montrer son côté ouvert, son cœur donné, et toujours livrant son Souffle de Vie tout en disant : « Paix à vous! » (20,20). 

Il est écrit : « Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt,  vivra; et quiconque vit et croit en moi  ne mourra jamais. Le crois‑tu? » (11,25-26). Cette interpellation vient comme un glaive percer l’abcès d’où suinte l’angoisse  de la peur de la mort qui hante nos cœurs, nos familles et amis, nos communautés, même le destin de notre planète. « Je suis la résurrection… Le crois-tu? » 

Il est écrit : « Seigneur, à qui irons‑nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu » (6,68-69). En cette année qui commence, entendons l’appel de la Parole à enrichir notre foi, à veiller à sa croissance pour qu’elle devienne vie éternelle et témoignage. La source est inépuisable. Il ne faut pas hésiter à y boire, dans la solitude de la prière, dans nos rencontres, durant les célébrations, au ras de la vie. Comme disait un Père de l’Église : Bois tant que tu as soif et tout le reste est encore ton héritage! Ces Paroles ont été écrites pour qu’en croyant nous ayons la vie en  abondance. 

Nous célébrerons dans quelques semaines Marie Mère de l’Église. Elle a conçu le Verbe dans sa foi avant de le concevoir dans sa chair. Voilà le chemin qu’elle nous indique et sur lequel elle nous accompagne. 

Je supplie le Dieu et Père de Jésus de nous combler de cet Esprit, de ce Souffle pascal qui fera de nous un peuple ardent à faire le bien dans ce monde d’ici. 

 

†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau-Hull  
 

catégorie : messages pastoraux
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