Le dernier soir, celui des adieux, Jésus prend un pain, le déchire de ses mains et le partage à ses amis. Pourquoi choisit-il du pain pour ce geste destiné à perpétuer sa présence aux siens, par-delà sa mort?
Le pain est un aliment dont nul ne peut se passer. On le retrouve même sur la table du pauvre. « Manger un pain de misère », c’est être fort démuni! Mais « partager son pain », c’est le signe d’un cœur ouvert, généreux et bienveillant.
Le pain est le symbole de tout ce qui entretient la vie ordinaire. Selon le plan divin, il est fait pour être partagé équitablement entre les humains de la terre. Donné par la nature, le pain doit être partagé avec l’affamé ( Isaïe 58,7; Ezéchiel 18,7).
Mais il est aussi le fruit du travail humain : du défricheur, du laboureur, du semeur, de ceux et celles qui récoltent, font le battage, l’entreposage, la farine, la cuisson.
Le pain signifie la bienveillance de Dieu, sa constante présence aux siens. Surtout dans les moments difficiles pour le Peuple de Dieu, le temps du désert, de la grande pauvreté, le « pain du ciel », la manne est donnée gratuitement par Dieu chaque jour!
Jésus a eu souvent pitié des foules affamées de pain. Il les a nourries. Et il a voulu ainsi les conduire à deviner que Dieu leur offre un autre pain, plus essentiel encore. « Je suis le pain vivant, descendu du ciel.» Et Jésus insiste malgré les résistances : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » (Jean 6,51-57)
Ce pain banal, pourtant essentiel à la vie, est devenu ainsi notre pain quotidien sur la route de nos joies et de nos peines, de nos combats et de nos repos. C’est Jésus ressuscité avec nous pour sustenter notre vie d’enfants de Dieu, jusqu’en vie éternelle.
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau