Les psaumes sont aptes à porter devant Dieu les diverses facettes de notre relation de foi avec lui. En ce carême, je pense aux sept « psaumes de pénitence ».
Le plus connu est le psaume 50(51) : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave moi tout entier de ma faute, purifie moi de mon offense ». C’est un cri vers la miséricorde bienveillante de Dieu. L’homme y reconnaît son péché, sa fragilité et implore la tendre fidélité de Dieu en sa faveur. Il fait confiance au Dieu qui s’est révélé à Moïse comme le Dieu au Grand Cœur : « Le Seigneur Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté, qui reste fidèle à des milliers de générations » (Exode 34, 6).Conscient de la gravité de ses actes devant le Dieu de l’Alliance, le priant (qu’on identifie à David le grand pécheur mais aussi le grand amoureux de Dieu) désire être renouvelé jusqu’au fond de son être : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face ». Et il insiste avec confiance : « Rends- moi la joie d’être sauvé ». Puissions-nous ouvrir nos cœurs à la gratuité miséricordieuse de Dieu, à sa grande amitié et même à son amour maternel pour nous! Et osons y expérimenter cette joie que rien ni personne ne pourra nous enlever!
Le psaume 129(130 ) est aussi particulièrement cher à la liturgie du carême : « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière! ». C’est le râlement angoissé de celui qui se voit tombé au fond d'un puits, dans un abîme sans retour! C’est la nuit!
Mais c’est aussi l’audacieuse confiance de celui qui sait la bonté divine et qui en attend l’aurore : « Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore. Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat ». Ce psaume est capable de nous insuffler une espérance neuve.
Saint carême!
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau