ARDPV
Pistes pour l’homélie du dimanche de prière pour les vocations 2008
4ème dimanche de Pâques - 13 avril 2008
1- Décentrons-nous! Nous avons la chance de vivre dans une société assez bien organisée, dans laquelle les talents et ressources de chacun peuvent être mises à profit pour le bien-être de tous. Lorsque quelqu’un a mal aux dents, il court chez sa dentiste. Je suis heureux que des employés municipaux transportent régulièrement mes déchets loin de chez moi. L’imprimeur est là pour nos besoins d’imprimerie. Et ainsi de suite.
Nous savons que certains corps de métier sont ou seront bientôt en manque de main d’œuvre. Il faut alors planifier et organiser le recrutement en conséquence afin que les besoins soient comblés de façon régulière.
En est-il de même pour les vocations? Avons-nous un problème de recrutement? Chaque année, le dimanche de prière pour les vocations nous rappelle la nécessité de prier pour les vocations. Sommes-nous en campagne de recrutement? Nous avons un tel besoin de prêtres dans notre diocèse, faut-il s’ouvrir un kiosque au salon de l’emploi pour recruter des volontaires? Il nous faut de nouveaux religieux pour assurer l’évangélisation dans tel secteur de notre voisinage: venez combler notre besoin! Des instituts séculiers de vie consacrée ont besoin de nouveaux membres: devrions-nous faire paraître une annonce dans le journal?
Partir ainsi en campagne pour recruter, ce serait se tromper sur la nature même de l’Église et de l’appel que le Seigneur lance à tous les baptisés. Notre travail n’est pas de recruter: c’est le Seigneur qui appelle. Il est important cependant de se rappeler qu’il appelle et qu’il répond à notre prière: “Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson”. Et c’est du cœur des communautés chrétiennes vivantes que surgiront les réponses à cet appel.
Il nous faut lutter contre la pensée dominante qui nous donne le goût d’organiser notre Église et nos paroisses comme des entreprises normales, qui recrute à partir de ses besoins. Nous centrer sur nos propres besoins, ce serait presque du narcissisme et cela déforme notre compréhension des choses. Vouloir un prêtre simplement pour répondre à notre besoin d’avoir une messe le dimanche dans notre église, c’est déformer la réalité du prêtre : il n’est pas simplement là pour répondre aux besoins que personne d’autre ne peut remplir. Il signifie quelqu’un d’autre au milieu de la communauté rassemblée : le Christ, le bon pasteur, celui qui connaît ses brebis et qui les aime.
Centrons-nous plutôt sur notre mission: annoncer l’Évangile. Formons des communautés vivantes. Le reste, c’est le travail du Seigneur: nous lui demandons de nous envoyer les ouvriers dont son Église a besoin.
2- Le Seigneur appelle de toutes sortes de façons!
Il importe que nous soyons capables d’entendre les appels que le Seigneur nous lance et qu’il lance dans notre communauté. Et il en lance souvent, très souvent, des appels! Des petits et des plus grands. Des appels pour un petit service, pour un engagement, d’autres encore pour toute la vie. Y croyons-nous?
Le Seigneur appelle :
- à agir, quand nous avons au milieu de nous des gens qui ont faim;
- à recevoir le baptême, quand je perçois dans mon cœur le désir de suivre le Christ;
- au mariage, quand je veux consacrer ma vie en m’unissant à une autre personne et en donnant la vie à des enfants;
- à intervenir quand une situation injuste sévit dans notre communauté;
- à devenir prêtre, quand je ressens l’appel à servir la communauté chrétienne par la proclamation de l’Évangile;
- à aimer, quand je me trouve en face d’ennemis;
- à être diacre, quand je perçois l’appel à être pour le monde le signe de la charité et du service;
- à être présent et écoutant pour les personnes malades dans notre communauté;
- à devenir membre d’une communauté religieuse, lorsque je me sens attiré par le charisme de cette communauté.
- à prier, lorsque les forces me manquent pour agir autrement;
- à transformer nos façons de faire, lorsque notre communauté doit s’adapter à des changements;
- etc., etc., etc…
À l’exemple du berger de l’Évangile, gardons le regard fixé sur le bien de ceux qui nous sont confiés. Le bon pasteur, c’est le Christ, venu pour que nous ayons la vie en abondance.
3- Des vocations spécifiques
Bref, le Seigneur appelle, par son Évangile, de multiples façons. Tout n’est pas du même ordre : il est bien évident qu’un appel au mariage n’est pas à être comparé à un appel à rendre un service ponctuel. Si nous prions particulièrement aujourd’hui pour les vocations à la vie consacrée et au ministère presbytéral, cela n’enlève rien à la vocation baptismale ou à d’autres vocations. Notre attention aux vocations spécifiques ne trouve sa place que dans une recherche globale et attentive des appels de tous ordres.
Le Christ appelle à sa suite des hommes qui, appelés à être prêtres, annonceront la Bonne Nouvelle à la manière du bon pasteur. Il appelle des hommes et des femmes pour être dans la vie consacrée des religieux, des religieuses, les signes vivants que se construit ici et maintenant une autre réalité. Soyons croyants : Il appelle! Il est important que nous apprenions à percevoir ses appels dans notre communauté et à les accueillir.
Il y a des invitations du Christ à tout laisser pour le suivre. Quel appel! Soyons prêts à accueillir de tels appels en nous et autour de nous. Il y a quelques années, un sondage réalisé aux États-Unis révélait qu’une majorité de catholiques seraient hésitants à encourager un de leurs enfants à devenir religieux ou prêtre. Pourquoi une telle résistance? Il est possible que le fait de se consacrer dans la vie religieuse soit considéré comme un échec au plan social. Certains croient probablement qu’il vaut mieux voir les enfants devenir riches et célèbres que de les voir vivre humblement dans une communauté religieuse… Et pourtant, le Seigneur appelle! Ses appels ne sont pas lancés pour que nous devenions individuellement plus épanouis, plus riches ou avoir du plaisir dans la vie. Le Seigneur appelle toute sa communauté à une vie pleine de sens, plus juste et fraternelle.
4- Une sensibilité à développer
Nous ouvrir à ses appels, c’est croire qu’il a un projet qui nous dépasse, que nous pouvons nous inscrire, chacun à notre façon, dans ce grand projet qu’est le Royaume des Cieux. Quand un jeune ou un enfant effectue un parcours catéchétique, lorsqu’il découvre la vie en Jésus-Christ, comment notre vie communautaire le sensibilise-t-elle aux appels de Dieu dans sa vie? Quand nous rencontrons un couple qui se prépare au don de la vie dans le mariage, est-ce que nous reconnaissons un appel du Seigneur dans leur projet d’amour? Quand notre communauté célèbre le baptême, savons-nous remercier Dieu d’appeler ainsi des gens à sa suite?
Oui, nous avons besoin de prêtres, de couples engagés dans le mariage, de religieuses et de religieux, de diacres et de laïcs consacrés. C’est certain. Mais ouvrons notre prière : qu’elle nous aide à nous décentrer de nos besoins immédiats pour nous ouvrir à ce que le Seigneur accomplit déjà autour de nous.
Il appelle, soyons ouverts!