Sœurs et Frères dans la foi, dans l’Église et dans la joie pascale,
Que l’espérance pascale habite vos cœurs, vos maisons et vos communautés! Que le Christ Ressuscité, notre Vie, comble vos communautés de son Esprit qui fait toujours du neuf!
Il y a quelques temps, on m’a posé la question : « Quelles sont les pistes prometteuses et stimulantes pour la vitalité pastorale dans notre paroisse ou unité pastorale pour les 4 ou 5 prochaines années? » Je trouve que c’est là une excellente question à nous poser ensemble durant le temps pascal. Car c’est le temps d’évaluer l’année pastorale qui va se terminer bientôt. C’est aussi le temps de planifier l’autre année qui vient. Et surtout, la liturgie du temps pascal, jusqu’à la Pentecôte, nous donne en abondance des points de références, en particulier dans les Actes des Apôtres. Nous pouvons ainsi puiser dans l’Église des Apôtres des lumières et des soutiens dans nos recherches pastorales. Je vous invite à le faire dans la prière et la réflexion communes.
Je veux seulement, ici, jeter sur papier quelques pistes qui me semblent prometteuses. Puissent-elles vous inspirer quelques décisions ensemble. Et puis, à vous de les nuancer, les compléter...
Voulons-nous vivre? Aimons-nous notre foi, notre vie ensemble en Église? Sommes-nous brûlés, hantés par le désir de transmettre cette vie chrétienne à d’autres? Avons-nous ensemble le goût d’engendrer des enfants dans la foi chrétienne? Quelles sont nos convictions profondes à ce sujet? C’est à travers des crises que l’Église, et dès ses débuts comme nous le voyons dans les Actes des Apôtres, s’est construite et a grandi. Ces mêmes textes nous montrent le Feu de l’Esprit à l’œuvre dans ces communautés qui prient ensemble, discernent ensemble les appels du Ressuscité et manifestent un grand goût de partager avec d’autres ce qui est si bon pour eux : l’Évangile. En somme, de quoi nous parlons-nous d’abord entre nous? De nos peurs? De nos biens matériels et financiers? Ou de l’Évangile, sa beauté, son actualité inouïe, le besoin que notre monde en a? Décider ensemble de vivre notre foi et notre mission me semble être la première condition fondamentale d’avenir. Pour cela, il faut se parler... prier ensemble... . En somme, une condition de vie est de développer la fierté de ce trésor qu’est notre foi, l’assurance de notre espérance et la ferveur de notre charité.
Sommes-nous prêts à multiplier les petits groupes de partage de la foi? On lit dans les Actes des Apôtres que nos ancêtres, dans la foi en Jésus Ressuscité, se rassemblaient pour l’écoute de Sa Parole. Il me semble que, considérant la culture actuelle qui oriente vers un grand besoin d’expression, de partage et de participation, ce chemin s’avère une voie prometteuse, nécessaire même. Y a-t-il de tels groupes? Comment les soutenons-nous? Y a-t-il soif pour d’autres groupes, très variés, adaptés par exemple à des jeunes couples, à des personnes âgées... ? Je pense tout simplement, par exemple, à des petits groupes qui se réunissent autour de la Parole donnée chaque dimanche et qui cherchent dans la prière à accueillir la lumière qui y est donnée par l’Esprit.
Voulons-nous véritablement donner la priorité « la plus prioritaire » aux jeunes? Je pense, bien sûr, aux enfants et aux adolescents, mais surtout aux jeunes 18-35 et aux jeunes familles? Nous demandons-nous ensemble ce que nous pouvons faire en ce sens? Regardons-nous autour de nous dans les lieux où un tel souci se traduit dans les faits? Ou bien nous contentons-nous de lamentations sur l’absence des jeunes? Sans eux, c’est certainement la mort de nos communautés! Et je pense que cette priorité pour les jeunes ne peut se réaliser qu’en engageant des jeunes dans des projets nouveaux, qui correspondent à leur sensibilité et aux appels de l’Esprit sur eux.
Nous préoccupons-nous dans les faits d’être une communauté qui appelle? Car, toujours en regardant les Actes des Apôtres et aussi les écrits de saint Paul, je garde la conviction que Dieu le Père a semé dans le Corps de son Fils, l’Église que nous sommes, par l’Esprit, tout ce qu’il faut pour que nous vivions en abondance. Mais discernons-nous ensemble ces énergies, forces et richesses très diverses semées par l’Esprit? Les appelons-nous de personne à personne? Les encourageons-nous et les soutenons-nous? Je pense que beaucoup ont dans le cœur des désirs, des attraits pour contribuer à la vitalité de nos communautés. Les appeler et les soutenir est sans doute un beau chemin de croissance.
Ce sont là quelques pistes que j’offre à vos prières et vos réflexions : comme un cadeau de Pâques! Mais je suis persuadé qu’une lecture ensemble des Actes des Apôtres pourrait vous fournir encore bien d’autres pistes. On y rencontre une Église joyeuse; mais aussi une Église qui vit douloureusement ses insuffisances, ses hésitations, ses blocages, ses tensions et apprend à les résoudre dans le respect de ce que nous sommes : le Corps du Christ aux membres variés et complémentaires. Nous sommes les héritiers de ces communautés apostoliques, fruit de la Pentecôte.
La Pentecôte est toujours actuelle dans l’Église et dans le monde. Jésus est ressuscité et sans cesse donne l’Esprit, Souffle d’un printemps aux germinations imprévues et surprenantes, comme lui Dieu seul sait le faire! Puissions-nous lui faire confiance avec audace et douceur!
Je vous remercie de vos engagements envers l’Évangile dans notre Église et de votre précieuse collaboration à la vitalité missionnaire, catéchétique et pastorale de ce diocèse. Je vous garde dans mon intercession quotidienne et je confie à toutes les personnes priantes qui liront ce message la même intention de prière afin que notre Église corresponde à l’avenir que Dieu veut lui donner.
Bon temps pascal!
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau-Hull