Déclarations publiques

16 octobre 2006

Du 11 au 18 octobre 2006, le Conseil National des Chômeurs et Chômeuses (CNC) a organisé une marche, de Montréal à Ottawa, pour exprimer au Gouvernement fédéral les revendications des chômeurs et chômeuses.  Personnellement, j’ai participé, le 13 octobre dernier, à la soirée publique tenue à Papineauville avec les marcheurs.   

Je tiens à exprimer publiquement mon appui à la démarche du CNC et aux revendications acheminées à nos élus par les différents organismes de défense des droits des travailleurs et travailleuses avec ou sans emploi.  Je voudrais également  féliciter les marcheurs et les marcheuses pour ce geste plein de courage et de dignité.  

La dignité du travail et le droit humain à participer pleinement à tous les aspects de la vie en société sont des éléments importants de la doctrine sociale de l’Église et les revendications de la marche s’inscrivent assurément dans le cadre de ces valeurs.  « Le travail est un bien de tous, qui doit être disponible pour tous ceux et celles qui en sont capables.  Une société dans laquelle le droit au travail est déprécié ou systématiquement nié et où les mesures de politique économique ne permettent pas aux travailleurs d’atteindre des niveaux d’emploi satisfaisants ne peut ni obtenir sa légitimation éthique ni assurer la paix sociale. »  

Nos responsables politiques sont donc interpellés par la situation actuelle des chômeurs et chômeuses où des milliers de personnes vivent directement les conséquences d’un système d’assurance emploi inadéquat.  Cette situation est dénoncée non seulement par le CNC, mais également par des instances internationales tel que le Comité d’expert du PIDESC (Pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels) de l’ONU. Ce comité, dans son dernier rapport, invitait le Canada à prendre des mesures effectives pour garantir le respect du pacte et pour assurer le droit à un revenu décent pour tous.  

J’espère que le Gouvernement fédéral, ainsi que les différents partis politiques, seront à l’écoute attentive de ces revendications et que des changements concrets seront apportés.  

Enfin, je souhaite que cette Marche des chômeurs permette à  chacun des participants de vivre leur engagement dans le souci de ceux qui sont dans le besoin, tout particulièrement les chômeurs et les chômeuses.  Notre société a besoin de tels signes de solidarité et d’espoir.


†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau 

catégorie : déclarations publiques
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