Sœurs et Frères des différentes communautés du diocèse de Gatineau-Hull,
« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation ».1 En ce début d’une nouvelle année pastorale, il est juste de tourner d’abord notre cœur et nos pensées vers Dieu qui, comme il l’a fait pour Jésus, veut sans cesse nous encourager, nous réconforter et nous rendre capables de constance, d‘espérance et de joie. Que la joie et la paix, ces fruits de l’Esprit, habitent vos cœurs et vos communautés!
Il est bon aussi de prendre conscience ensemble de ce que nous sommes dans le cœur de Dieu. « Criez de joie pour le Seigneur! Bienheureux, le peuple de Dieu! » nous fait s’exclamer un psaume qui re vient souvent dans la liturgie. C’est là notre condition chrétienne. Il est bon ensemble d’en prendre conscience. Et le psaume ajoute : « Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. La joie de notre cœur vient de lui, notre confiance est dans son nom très saint. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi! »2
Invitation à entrer avec confiance dans cette nouvelle année pastorale
Puisse ce climat d’exultation devant la bonté de Dieu et sa fidélité habiter nos communautés tout au long de l’année pastorale qui commence! Que cette certitude de foi et d’espérance soit le moteur de nos prières, de nos engagements et de nos initiatives!
Je souhaite de tout cœur que ce regard d’amour vers le Père de Jésus, qui nous donne l’Esprit, anime sans cesse nos engagements dans les défis qui sont devant nous. Je pense bien sûr aux réaménagements administratifs et pastoraux pour la mission, aux mutations des ressources humaines, à la nécessité du partage entre les paroisses. Mais je pense surtout aux appels de Jésus à proclamer l’Évangile ici d’une façon neuve, crédible, dynamique et engagée.
Je m’adresse d’abord à vous, baptisés et membres des communautés paroissiales du diocèse. Je vous demande de vous faire vraiment solidaires des projets de votre Communauté, en mettant au service de la paroisse vos talents, votre temps et votre générosité. Jésus a appelé Pierre, Marie-Madeleine, Paul, puis tant d’autres depuis deux mille ans. Il continue à appeler, à vous appeler. Que chacune, chacun d’entre vous qui me lisez écoute dans son cœur cet appel par son nom : « Toi, Jacques ou Berthe ou Louis ou Thérèse, viens avec ce que tu as et ce que tu es. J’ai besoin de toi ». Ne dis pas : je ne suis pas prêt! Je ne sais comment faire! Viens et laisse-toi guider par l’Esprit et accompagner par les responsables de ta communauté qui t’ouvriront des chemins de service.
Je remercie à l’avance les prêtres et les agentes et agents de pastorale qui ont accepté de poursuivre leur engagement à la même place ou de relever de nouveaux défis dans d’autres communautés. Je sais que la tâche est souvent lourde. Mais nous ne sommes pas seuls. Laissons sans cesse résonner aux oreilles de nos cœurs la promesse de Jésus : « Moi, je suis avec vous ».
Les défis actuels
La fin du mois d’août marque toujours, avec la rentrée des classes, pour l’ensemble de notre société, un temps fébrile où l’ensemble des groupes et mouvements, ainsi que les familles se donnent des défis nouveaux, des projets. Je vous invite à entrer dans ce mouvement d’espérance, de vitalité, d’engagement renouvelé, d’élan nouveau à la tâche après un temps de ressourcement et de repos.
Une de nos priorités continue d’être l’affermissement des unités pastorales. Cette opération est lancée dans le diocèse depuis l’automne de 1998. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis. La majorité des paroisses de la ville est bien entrée dans cette orientation et ainsi ces communautés ont fait de bons progrès. Mais il faut comprendre que les unités pastorales ne sont pas là pour une simple consolidation administrative. Elles sont là afin que nous remplissions mieux la mission que nous confie Jésus. Il s’agit de mieux se concerter afin de libérer des énergies neuves, d’ouvrir de nouveaux chantiers et de se faire proche des personnes d’une nouvelle manière. Nous devons continuer ici à prendre ce tournant majeur. Il faut bâtir ensemble, entre paroisses d’une même unité pastorale, des projets d’avenir. Je remercie encore toutes les paroisses qui y ont œuvré avec confiance, courage et détermination. Et j’encourage les autres à suivre cet exemple.
Pour moi, actuellement, le défi majeur se rattache au projet catéchétique diocésain qu’il importe immédiatement de mettre en œuvre dans toutes les communautés, certes en y allant graduellement mais avec décision et courage. Le projet catéchétique se veut une interpellation à avancer au large, comme Jésus le demande encore aujourd’hui à ses disciples. C’est notre mission!
Nous avons lancé notre projet diocésain à la Pentecôte. Peu à peu se mettront en place des instruments. Et il faut aussi ne pas hésiter à mettre en commun les trouvailles diverses, afin que les richesses des uns deviennent la richesse de tous. Et, selon le souffle du projet diocésain, il faut savoir identifier tous les lieux, toutes les occasions, tous les moments de vie chrétienne personnelle et de nos communautés qui sont ou doivent être catéchétiques. J’ai déjà signalé comment toute liturgie doit l’être. Mais aussi doit l’être tout acte apostolique, tout acte chrétien et évangélique vrai. En somme par toute notre vie personnelle et communautaire, il faut en venir à incarner le mot d’ordre : « Dis ta foi, elle fleurira ».
C’est dans cet environnement de dynamisme d’initiation à la foi chrétienne qu’il importe de développer une pastorale jeunesse et une pastorale des vocations (appel, discernement, formation). Mais aussi une pastorale sociale, car Jésus a été oint par l’Esprit et envoyé pour donner la Bonne Nouvelle aux pauvres. Et il nous envoie de même! En ce début de nouvelle année pastorale, j’invite les paroisses et unités pastorales, mais aussi les divers mouvements apostoliques du diocèse, à entrer avec une résolution neuve et une confiance renouvelée dans ces orientations.
Nos appauvrissements ecclésiaux à la lumière de Jésus
Certes, puisque nous sommes réalistes, nous connaissons la diminution de nos diverses ressources, nos appauvrissements dans tous les domaines de la vie ecclésiale. Mais il faut aller plus loin que cette simple constatation. Par la foi et le baptême nous nous sommes « approchés de Jésus, le médiateur d’une Alliance nouvelle ».3 C’est à la lumière de Jésus, de sa vie, de son style, de ses choix, de sa mort, qu’il importe de lire cet appauvrissement. Car ce n’est qu’alors que nous savons ce que ça veut dire : être disciple de Jésus et quelles en sont les conséquences réelles.
Saint Paul l’a fait avec vigueur et luminosité4 et nous y guide. Je me contente de quelques textes, qui sont quelques pistes à suivre par les divers organismes dans nos paroisses. Oui, je vous invite ensemble à reprendre ces textes et à les laisser parler à vos cœurs, éclairer vos chemins, vous fortifier et vous orienter!
« Vous connaissez, en effet, la générosité de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin de vous enrichir par sa pauvreté ».5
« Nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. Aussi bien, considérez votre appel: il n'y a pas parmi vous beaucoup de sages aux yeux des humains, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de haute noblesse. Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu. Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption, afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur ».6
« À ce sujet [maladie ou épreuves de Paul], par trois fois, j'ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m'a déclaré : "Ma grâce te suffit: car la puissance se déploie dans la faiblesse". C'est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ; car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort ».7
C’est de telles affirmations que nous vient la signification profonde de ce que nous sommes et de ce que vivons en Église. Car en approchant de Jésus par le baptême et la foi, nous nous sommes engagés à suivre Jésus, notre chemin vers les autres et notre chemin vers le Père. Or, de par la volonté mystérieuse de Dieu, Jésus a été le Sauveur humble, humilié, pauvre jusqu’au don total de soi, jusqu’à la croix. Dieu a aussi voulu pour Lui une mère humble. C’est par elle, ignorée de tous et venant d’un village méprisé, que Dieu nous a donné le Sauveur, le plus grand des dons de Dieu de toute l’histoire humaine.
Nous, l’Église, nous existons pour actualiser, prolonger et rendre active aujourd’hui l’œuvre de Dieu en Jésus. Alors, le chemin à suivre est bien celui même qui fut celui de Jésus et qui l’a conduit au véritable succès, tel que voulu par Dieu, à la résurrection, à la vie pleine.
Telle est notre lumière, telle est notre espérance, telle est notre force, tel est notre guide.
Conclusion
En ce début de cette année pastorale 2004-2005, je supplie Marie, Mère de l’Église et patronne de notre diocèse, d’intercéder pour nous. Elle a suivi comme nous et avant nous ces pauvres et humbles chemins de l’apostolat, avec leurs tensions, leurs difficultés et leurs obscurités. Elle, tout comme son Fils, a connu les faiblesses de nos sensibilités humaines de toutes sortes. Si nous ouvrons nos cœurs et nos consciences, si nous acceptons de sans cesse nous convertir à son Fils, elle saura bien veiller pour que croisse sans cesse notre foi, que se fortifie sans cesse notre espérance et que soit sans cesse plus audacieuse et brûlante notre charité.
Sœurs et Frères, que le Dieu et Père de Jésus, nous rassure et nous donne la capacité de lui faire totalement confiance en tout. Qu’il nous donne l’audace pour œuvrer comme il l’attend de nous! Qu’il nous apprenne que c’est par le chemin de la communion à son Fils et entre nous qu’il continue aujourd’hui son œuvre de tendresse et de miséricorde pour notre monde! Et que l’Esprit qui est joie et paix, soit avec nous tous durant cette année!
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau-Hull
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1 2 Corinthiens, 1,3 (Retour au texte)
2 Psaume 32(33), 20-22 (Retour au texte)
3 Hébreux 12,24 (Retour au texte)
4 Partout dans ses écrits mais surtout dans ses deux lettres aux Corinthiens (Retour au texte)
5 2 Corinthiens 8,9 (Retour au texte)
6 1 Corinthiens 1,23-31 (Retour au texte)
7 2 Corinthiens 12,8-10 9 (Retour au texte)