L’Eucharistie est un vrai repas, mais pas simplement un repas ordinaire C’est un repas religieux, sacré. Selon le sens du mot « religieux », il nous « relie ». Par le pain et le vin, il nous relie à la terre et à tous les éléments qui la rendent féconde : le soleil, la pluie, les saisons, le vent, les engrais. Nous y vivons notre dépendance quotidienne de tout l’univers! Et déjà, par cette dépendance radicale au fruit de la terre, au fruit de la vigne, nous sommes aussi reliés à Dieu le Créateur et le Donateur de tous biens.
Ce repas n’est pas que nourriture. Il est table partagée. Par là, l’Eucharistie nous relie aux autres humains. Chaque célébration eucharistique tisse des liens profonds (une même vie!) entre les membres de la communauté qui y est rassemblée. Mais plus largement, nous y sommes reliés à tous les humains de par toute la terre, et même aux humains déjà passés au-delà de la mort.
Surtout, de par sa nature même, l’Eucharistie nous relie à Dieu, à son grand projet d’alliance. Les textes bibliques nous font solidaires de tous les repas d’alliance et d’actions de grâces que nous trouvons tout au long de l’histoire du salut. Surtout, ce Repas sacrificiel représente et actualise le sommet des grandes œuvres de Dieu : le sacrifice accompli sur la Croix. Certes, c’est le Christ ressuscité qui y est présent, mais avec les marques des clous (Jean 20,20). C’est le moment de l’Amour extrême du Père pour le monde. C’est le repas de louange pour la grande œuvre de salut qui continue à s’actualiser. « Rendons grâces », exhorte le président. L’assemblée répond : « Cela est juste et bon. »
Quand nous participons à l’Eucharistie, louons-nous vraiment ensemble ce Dieu qui nous aime au point de se livrer comme notre nourriture, notre soutien, notre vie?
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau