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Déclarations publiques

30 juillet 2004

Le fait de donner asile à des personnes menacées dans leur vie en des endroits sacrés est une coutume qui s’est développée dans les pays civilisés depuis des millénaires, et qui fut intégrée à la tradition biblique et chrétienne. L’intervention de la ministre de l'Immigration, Mme Judy Sgro, a remis cette question sur la place publique. 

La proposition de Madame la ministre Sgro de dialoguer avec les chefs religieux est en fait la réponse à une demande qui fut formulée par le regroupement Kairos, en février 2004, au nom de plusieurs groupes et Églises au Canada.  La Conférence des évêques catholiques du Canada est membre de ce regroupement.  Auparavant, en juin 2003, plus de 1 000 lettres avaient été envoyées par les Églises à Monsieur Coderre, alors ministre de l’Immigration, lui demandant de mettre en œuvre le processus d’appel. La question des droits et du traitement des personnes réfugiées interroge non seulement les Églises chrétiennes, mais les autres religions et le Conseil canadien pour les réfugiés.  

Notre pays est un État de droit, ce qui est d’une grande valeur. Pourtant l’État et ses lois ne sont pas un absolu. La conscience des citoyens doit être en éveil afin d’assurer que les droits humains fondamentaux soient respectés. Devant une situation où une personne, si déportée, risque la mort, la torture ou de très graves sévices, la conscience humaine et chrétienne a raison d’entrer en jeu et d’interpeller les autorités politiques responsables. 

Mais quels moyens prendre? Une communauté chrétienne décide d’ouvrir en conscience un sanctuaire pour protéger un réfugié parce qu’elle a des raisons sérieuses de croire, après analyses, recherches, discernement et prières, qu’il y a eu une erreur découlant des carences du système d’immigration. Dans le cas des lois et règlements du Canada sur la question, il s’agit du fait qu’on a réduit à une seule personne le pouvoir d’accepter ou de rejeter le statut de réfugié (avec les risques conséquents d’erreurs) et du fait de ne pas avoir mis en œuvre la section d’appel, pourtant jugée nécessaire par le Parlement. Si ce processus était fonctionnel, il y aurait certainement moins de raisons de demandes d’asile dans les églises et moins de justification à accorder cet asile.  

 

†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau-Hull



  
 

catégorie : déclarations publiques
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