Le mois de novembre nous rappelle nos morts, aussi notre propre mort. Nous nous sentons bien dépourvus pour apprivoiser cette fatalité. On peut chercher à l’oublier! On peut, comme le philosophe Épicure, dire que ça ne nous concerne pas : tant que je suis là, la mort n’y est pas; quand la mort y est, je n’y suis plus! Pourtant, vivre c’est mourir! Mais est-ce seulement cela? Y a-t-il quelque chemin permettant de dépasser peur et angoisse devant la mort? Quelques psaumes peuvent nous accompagner dans notre réflexion sur cette énigme.
Tel est le psaume 89(90). L’auteur affirme que ses jours passent comme un soupir. Sa vie est comme l'herbe. « Le matin, elle fleurit et pousse, le soir, elle se flétrit et sèche.[…]. Le temps de nos années, quelque 70 ans, 80, si la vigueur y est; mais leur grand nombre n'est que peine et misère, car elles passent vite, et nous nous envolons. » Nous retournons à la terre d'où nous avons été tirés.
Mais ce réalisme ne condamne pas le priant au désespoir. « Seigneur, tu as été pour nous un refuge d'âge en âge », affirme-t-il avec espérance. Dieu reste toujours, quoi qu’il arrive, le refuge et le protecteur des siens.
Le psaume 102(103) va dans le même sens : « L'homme! ses jours sont comme l'herbe, comme la fleur des champs il fleurit; sur lui qu'un souffle passe, il n'est plus, jamais plus ne le connaîtra sa place. Mais l'amour du Seigneur pour qui le craint est de toujours à toujours » (versets 15-18).
En Jésus, Dieu nous apprend que cette « herbe » que nous sommes a un prix infini à ses yeux. Le Fils de Dieu prend notre condition mortelle pour nous faire don de sa vie immortelle. Voilà l’immense espérance à laquelle déjà aspirent les psaumes, mais que seul Jésus fonde par son passage à travers la mort vers la vie : « Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois tu? » (Jean 11,25-26).
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau