Nous vivons sur une planète où abondent violence, exploitation des faibles, injustices de toute sortes. Les médias y font écho chaque jour. Et il suffit d’ouvrir les yeux autour de nous pour percevoir cette même graine de malice dans notre entourage.
Cette perception est aussi une prise de conscience de notre propre fragilité. Nous nous sentons tous, d’une façon ou d’une autre, comme des personnes blessées, surtout dans notre espérance et dans notre sens de la vie.
C’est en réaction à cette ambiance, et comme recherche d’une guérison, que nous avons tellement soif de bonté. Dieu y répond! Il est « riche en miséricordes », affirmait déjà saint Paul (Éphésiens 2,4).
C’est bien évangélique. Regardons Jésus devant la Samaritaine, Nicodème, Pierre, Judas... Jésus a toujours cherché à rejoindre la nappe de bonté au fond de chaque personne sur son chemin. Et il a révélé aux personnes rencontrées cette source de vie et de sens en elles.
L’Église se plaît à nous rappeler, à chaque nuit de Noël, cette grande bonté de Dieu, capable de répondre à notre soif la plus intime et profonde de sécurité, d’amour, de fraternité : « Le jour où apparurent la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes, poussé par sa seule miséricorde, il nous a sauvés par le bain de la régénération et de la rénovation en l'Esprit Saint. Et cet Esprit, il l'a répandu sur nous à profusion, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce du Christ, nous obtenions en espérance l'héritage de la vie éternelle » (Tite 3, 4-7). Paul nomme Jésus : la bonté de Dieu manifestée dans notre monde pour nous rendre bons ! Voilà bien ce que nous dit Noël.
Ainsi, chaque fête de Noël nous rappelle que, comme Jésus, nous sommes appelés à libérer l’étincelle de bonté en toute personne sur notre chemin afin qu’elle se sache aimée de Dieu.
C’est pour devenir capables de le faire, au jour le jour, que nous avons besoin de l’Eucharistie dominicale. Car là nous buvons à la source même de toute bonté. C’est Lui, Jésus Ressuscité, qui a affirmé : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Luc 6,36). Et il est avec nous pour en rendre capables.
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau