Articles dans la Revue Ste-Anne

01 mars 2008
En mars, l’Église se rappelle l’extrême amour de Dieu pour nous. « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.»(Jean 3,16-17).
À travers les âges, la croix a été pour beaucoup un scandale, un non-sens. Déjà saint Paul doit faire face à ces résistances qui empêchent de croire : «Nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. » (1 Corinthiens 1,22-25).
 
Ce scandale est aussi de notre temps. Certes, Jean le bien-aimé nous explique que c’est par amour que Dieu donne son Fils pour notre vie. Notre raison, notre sensibilité résistent. Dieu crucifié pour notre salut : ça nous déroute, nous déconcerte  !
 
Paul lui-même a dû passer par un rude combat pour en venir à s’écrire avec enthousiasme : « Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ » (Galates 6,14). Paul finit par trouver sa joie, sa fierté, son goût de vivre, son espérance, son audace dans la croix de Jésus ! Comment en est-il venu là ?
 
Souvenons-nous, il était un persécuteur de Jésus ! Mais il a expérimenté, en regimbant, que le don gratuit de Dieu est plus fort que nos raisonnements ! D’où son cri : « Je suis crucifié avec le Christ; et ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi » (Galates 2,19-20).
 
Regardons avec toute l’intensité de notre cœur le Crucifié et reconnaissons là le grand don de la Miséricorde divine pour nous. Supplions Dieu d’augmenter notre foi.
 
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau
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