La liturgie de l’Avent met notre cœur en attente. Par le prophète Isaïe, Dieu s’engage à conduire l’humanité à l’unité et à la paix. Cette promesse rejoint les soifs les plus intenses de nos cœurs. Elle attise notre attente et par le fait même nous pousse à travailler pour l’unité et la paix. Saint Paul nous y encourage aussi en nous disant que « la nuit est bientôt finie, le jour est tout proche ». Il faut le guetter, même réveiller l’aurore par nos prières et nos appels.
Puis nous entendons Jean-Baptiste. Il annonce que les jours de justice et de paix promis par Dieu ne sont pas loin. Celui qui est attendu par les nations vient. Et Lui nous baptisera dans l’Esprit-Saint! Quelle promesse! Il y a de quoi en désirer avec intensité la réalisation. Car l’Esprit-Saint est cette énergie divine qui vient agir dans nos histoires, nous pousser en avant, nous rendre capables de nouveauté, de créativité, d’audace dans la construction d’un monde de justice, d’unité et de paix.
Nous sont aussi présentés Joseph et Marie. La jeune fille a déjà consenti à faire confiance à Dieu. Joseph est invité avec instance à suivre le même chemin : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse » (Matthieu1,20). Ce couple attend l’enfant promis. Il vit dans la confiance que Dieu agit dans sa maison, en eux. Les deux osent se livrer à cette action mystérieuse.
Cette attitude d’attente dynamique est au cœur de nos vies chrétiennes. Déjà le prophète Habacuc invitait le peuple à être toujours sûr de la Parole de Dieu : « Elle ne mentira pas, si elle paraît tarder, attends la, car elle viendra à coup sûr sans différer » (Ha 2, 2 3). C’est aussi l’attitude de Marie. Des événements qu’elle ne comprend pas l’habitent. « Elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son coeur», sûre que la Parole deviendrait un jour lumineuse dans sa vie. Elle attendait…(Luc 2,19 et 51).
Dans chacune de nos vies sont enfouies des promesses de Dieu, mystérieuses, qui veulent naître. Ce temps de l’Avent nous incite à une attente active et confiante envers ce Dieu qui tient toujours Parole.
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau