Avril nous ramène le printemps. La nature, morte sous la froidure et la neige, retrouve vie. Cette résurgence de la vie après son enfouissement hivernal est une parabole de ce que la liturgie de ce temps pascal célèbre dans l’exultation et l’espérance. Nous sommes au centre de notre foi chrétienne : Jésus est vraiment ressuscité!
C’est ce que découvrent avec stupéfaction deux de ses amis. Ils étaient déçus! Ils avaient espéré que Jésus serait le libérateur de leur Peuple. Il a été rejeté par les chefs et mis en croix. Que reste-t-il de leurs espoirs! Ils retournent à leur village, leur routine, et s’empoisonnent en ruminant leurs regrets!
En chemin, ils sont rejoints par un inconnu qui les écoute se lamenter sur la mort de leur maître et qui éclaire cet événement par les Écritures. Ils invitent l’étranger au souper. « Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent. » Bouleversés et enthousiastes, ils retournent vite à Jérusalem raconter à leurs compagnons ce qu’ils ont vécu! (Luc 24, 13-35) Jésus est Vivant!
Dieu a vraiment ressuscité Jésus. La bêtise, les égoïsmes, les manigances qui ont conduit Jésus à la mort sont condamnées par Dieu. La mort n’a plus le dernier mot. La vie et l’amour sont plus forts. Car Dieu est le Vivant. Il nous veut ses enfants vivants pour la vie éternelle. Il nous incite à marcher avec confiance et espérance vers le vrai but de notre vie: vivre pour toujours avec Jésus dans la Maison du Père.
Nous proclamons à chaque dimanche : « Je crois en la résurrection de la chair ». Mais y croyons-nous vraiment? Est-ce que ça entretient mon espérance, mon courage, ma joie? Est-ce que ce temps pascal réussira à faire jaillir de mon cœur la certitude d’être à ce point aimé par Dieu qu’il ne m’abandonnera jamais?
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau