Nouvelles hebdomadaires
Pour recevoir par courriel le communiqué hebdomadaire diocésain, veuillez remplir les champs suivants.
Nom et prénom :
Courriel :
Code de securite
Veuillez entrer le code ci-dessus dans le champs suivant :
  Accueil   Archevêque émérite   Messages pastoraux   Il y a 50 ans, Jean XXIII annonçait Vatican II - Nous l’Église et les pauvres?
Messages pastoraux

13 janvier 2009
La constitution dogmatique sur l’Église de Vatican II est un texte fondamental. Il a été voulu par les Pères conciliaires afin de donner une puissante impulsion à un renouveau ecclésial par un ressourcement dans la Trinité sainte et par une nouvelle prise de conscience de son authentique nature de Peuple de Dieu, de Corps du Christ, de Temple de l’Esprit.
 
Paul VI, à Bethléem le 6 janvier 1964, a clairement identifié le défi qui nous est posé, encore aujourd’hui, par ce texte si substantiel et qui sans cesse nous interpelle. Il y affirmait : « Nous devons assurer à la vie de l'Église une nouvelle façon de sentir, de vouloir et de se comporter; lui faire retrouver une beauté spirituelle sous tous les aspects : dans le domaine de la pensée et de la parole, dans la prière et les méthodes d’éducation, dans l’art et la législation canonique. Il faudra un effort unanime auquel tous les groupements devront apporter leur collaboration. Que chacun entende l’appel que lui adresse le Christ par Notre voix ». Et ce n’est sans doute pas par hasard que le pape a dit ces paroles dans ce lieu que Dieu a choisi pour venir vivre parmi les pauvres de la terre.
 
Paul VI note bien qu’il fait écho à un appel pressant du Christ Jésus. D’ailleurs, cette constitution commence par ces mots : « Le Christ est la Lumière des nations; aussi, en annonçant l'Évangile à toute créature (cf. Mc 16, 15), le saint Concile réuni dans l'Esprit-Saint désire-t-il ardemment illuminer tous les hommes de la lumière du Christ qui resplendit sur le visage de l'Église. »(1). Dans une ancienne tradition, on aimait comparer le Christ au soleil et l’Église à la lune qui tire toute sa lumière de celle du Christ qu’elle ne fait que refléter.
 
Les Pères conciliaires ont voulu essentiellement que l’Église retrouve sa source, son centre, le cœur de sa vie : Jésus. C’est le Christ qui est la lumière des nations et l’Église en est l’instrument. L’Évangile est sa loi essentielle, pour éclairer sa vie, ses décisions et sa mission. Elle doit sans cesse activer et relancer sa mission qui est de porter et d’offrir l’Évangile au monde d’aujourd’hui d’une façon crédible pour que « le monde ait la vie et l’ait en abondance ».
 
Des images riches et variées, tirées de la Bible et de la tradition, dont se sert Vatican II pour évoquer le Mystère de l’Église, une a été surtout retenue : celle du Peuple de Dieu. Cette image sans cesse nous interpelle et nous dérange! Que de fois je me fais dire que nous ne sommes pas encore dans une telle Église, et cela à tous les niveaux de notre vie ensemble. C’est là une interpellation à sans cesse écouter dans le discernement, le courage et la patience. Nous avions d’ailleurs il y a quelques années commencé à réfléchir sur le concept de « synodalité ». Ce serait sans doute à reprendre.
 
Mais je veux ici plutôt insister sur un autre point. Je me souviens que l’évêque fondateur de notre diocèse, Mgr Charbonneau, a souvent raconté les efforts d'un petit groupe d’évêques, de prêtres et de laïcs pour que le thème de la pauvreté soit inclut organiquement dans les enseignements conciliaires et en particulier dans celui sur l’Église. Ils désiraient mettre en valeur ce que l’Évangile enseigne sur la place centrale de la pauvreté de Jésus tout au long de sa présence dans notre histoire et sur ce que l’Église en conséquence doit donner comme attention et présence aux pauvres dans toute son action.
 
Ainsi nous lisons cette affirmation fondamentale : « Le Christ a accompli son œuvre rédemptrice dans la pauvreté et la persécution; ainsi l'Église est-elle appelée à prendre la même voie pour communiquer aux hommes les fruits du salut. (…) Le Christ a été envoyé par le Père "pour évangéliser les pauvres... guérir les cœurs brisés" (Lc 4, 18), "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10). De même l'Église entoure tous ceux qu'afflige l'infirmité humaine; bien plus, elle reconnaît dans les pauvres et en ceux qui souffrent l'image de son Fondateur pauvre et souffrant, elle s'emploie à soulager leur détresse et veut servir le Christ en eux » (8). Il est affirmé que les évêques doivent « inculquer aux fidèles l'amour (…) particulièrement des membres pauvres et souffrants, l'amour de ceux qui sont persécutés pour la justice »(23). Ou encore : « Quant à ceux qui sont accablés par la pauvreté, la faiblesse, la maladie et l'adversité, ou qui souffrent persécution pour la justice, qu'ils se sachant unis de façon particulière au Christ souffrant pour le salut du monde. Le Seigneur dans son Évangile les a proclamés bienheureux »(41).
 
Nous avons ensemble encore beaucoup à réfléchir, à mettre au point et à vivre en ce domaine. Quel est notre accueil des pauvres du milieu ou itinérants? Comment soutenons-nous efficacement les organismes qui aident les pauvres? Comment nous engageons-nous pour lutter contre les causes structurelles de la pauvreté chez nous et dans le monde? Pourquoi ne pas prendre un temps d’évaluation dans chaque communauté ou groupe sur nos façons de vivre ou de garder en marge cette orientation évangélique et conciliaire?
 
† Roger Ébacher
Évêque de Gatineau
 
(13 janvier 2009 : 2e texte d’une série de 7)
 
 
catégorie : messages pastoraux
© 2007 Archidiocèse de Gatineau Tous droits réservés.