Articles dans la Revue Ste-Anne

01 décembre 2007

Comme prière du soir, j’aime particulièrement le psaume 4.  Lourd des difficultés et obstacles du jour, le priant exprime une grande confiance en ce Dieu qui est venu tant de fois en son aide.  « Écoute-moi quand j’appelle, ô Dieu mon défenseur, toi qui dans l’angoisse m’as fait respirer.  Aie pitié de moi, entends ma prière. »  Aux sarcasmes des moqueurs :  « Qui donc nous donnera le bonheur? », il répond:  « Comptez sur le Seigneur ».  Et il oppose son propre témoignage :   « Mais pour moi, tu m’as mis la joie au cœur, plus qu’à voir abondance de blé et de vin.  En paix, je me couche et je dors.  Oui, toi seul, Seigneur, tu mets en sûreté mon gîte ».

Cette même confiance, basée sur l’expérience des merveilles de Dieu et de sa fidélité, jaillit aussi dans le bref psaume 130(131):  « Seigneur, je n'ai pas le cœur fier, ni le regard hautain.  Je n'ai pas pris un chemin de grandeurs ni de prodiges qui me dépassent.  Non, je tiens mon âme en paix et silence; comme un petit enfant contre sa mère, comme un petit enfant, telle est mon âme en moi.   Mets ton espoir, Israël, dans le Seigneur, dès maintenant et à jamais! ».

C’est cette attitude de foi que Dieu réclame devant le don de son Fils à notre terre. C’est cet accueil confiant qu’expriment Marie et Joseph, les bergers et les mages devant la crèche.  C’est un tel cœur simple et ouvert que Jésus réclame à chaque fois qu’il présente la Parole ou qu’il pose des gestes de miséricorde et de bonté.

Seul ce chemin de la pleine confiance, avec un cœur d’enfant devant Dieu, peut donner cette paix chantée par les anges.  En ces temps où nos cœurs sont tentés par tant de fausses sécurités et d’idoles, ce rappel est fondamental.  Dieu a voulu d’ailleurs le donner à notre temps par l’exemple si émouvant de la jeune Thérèse de l’Enfant-Jésus et son chemin d’abandon total à ce Dieu qui nous aime au point que nous pouvons nous fier inconditionnellement à lui.

Suivre ce chemin de confiance nous permet de terminer l’année dans la paix et d’entrer dans la nouvelle année avec un cœur ouvert, disponible aux œuvres de Dieu.

†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau

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