Depuis des semaines, on nous répète de mille façons que notre planète est en danger et que nos dirigeants politiques doivent trouver les bonnes recettes pour mettre fin à l’escalade des gaz à effet de serre, de la pollution atmosphérique et terrestre. On nous avertit que, ce sont les enfants ou les petits-enfants de cette génération qui en paieront le prix. Et ce prix serait fort élevé en catastrophes de toutes sortes, allant des cyclones plus nombreux aux inondations qui ressembleront à des déluges et réclameront leurs lots de morts, de sang et de larmes. On nous exhorte en somme à cesser les pillages, gaspillages et pollutions de toutes sortes, sans oublier ceux que nous provoquons dans le quotidien, avec ampoules et automobiles énergivores, déchets dont on ne sait plus quoi faire, églises mal isolées, etc.…..
En même temps, et depuis des semaines, on nous exhorte à acheter, et à acheter d’urgence et de plus en plus. Ce serait une condition essentielle pour que l’économie mondiale sorte de sa grave dépression et se remette à croître, que diminue le chômage. La publicité, de ce temps-ci, nous le répète à satiété. Et pour en assurer le succès, il faut que les magasins et autres services soient ouverts aussi bien le dimanche que la semaine, même si c’est au dépend de la vie familiale et sociale.
Je lisais récemment un billet de Jean-Claude Guillebaud à ce sujet1 . Voici le jugement qu’il porte sur ces deux discours qui nous sont quotidiennement, et particulièrement en ces jours, adressés. « Ils s’excluent l’un et l’autre. Ils sont si contradictoires que cela en est stupéfiant ». Pourtant nous sommes tellement habitués de les entendre que nous ne prenons pas conscience de cette contradiction!
Il conclut son bref billet par ces mots : « Alors? Alors, nous voyons bien qu’entre les impératifs écologiques de base et l’hystérie consumériste, il existe une incompatibilité absolue. Les deux « projets » sont contradictoires. Absolument. Totalement. Dépêchons-nous de choisir ».
Il serait intéressant, en ce temps des Fêtes, que nous réfléchissions à cela dans nos communautés! Que nous inspire à ce sujet Celui qui a voulu naître dans une crèche? Et il faudra bien un jour nous poser toutes ces questions en les appliquant à nos façons de gérer les énergies de toutes sortes dans nos paroisses. On commence au Québec de rêver « d’églises vertes »!
Bonne fin d’Avent.
† Roger Ébacher
Évêque de Gatineau
8 décembre 2009
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1Dans La confusion des valeurs, Desclée de Brouwer, 2009, pp. 161-162