La Bible affirme poétiquement que Dieu venait, dans la brise du soir, causer avec Adam et Ève (Genèse 3,8). Il se voulait proche de nous! Mais une rupture se produit. Dieu appelle Adam qui lui répond : « J'ai entendu ton pas dans le jardin; j'ai eu peur » (Genèse 3,10). Dieu s’est alors patiemment mis à la tâche de nous apprivoiser. C’est le sens des bouleversantes interventions de Dieu dans notre histoire, cette histoire sacrée, qui se continue aujourd’hui dans nos vies.
Dans ces récits, Dieu nous invite souvent à un grand banquet. « Dieu prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés », affirme Isaïe (25,6). Dieu rêve d’un banquet capable de rassembler dans la paix tous les peuples de la terre. Bien avant Jésus, Dieu méditait déjà de donner à notre humanité ce festin unique, force d’unité et de paix, qu’est l’Eucharistie.
L’Ancien Testament décrit beaucoup de rites qui annoncent ce don de l’Eucharistie. « Melchisédech, roi de Shalem, apporta du pain et du vin » (Genèse 14,18). Abraham offre son fils (Genèse 22). Lors de la libération de l’Égypte, le sang de l’agneau pascal a protégé le Peuple de la mort (Exode 12,21-27). Dieu alors pensait au sang du véritable Agneau, son Fils bien-aimé. Puis c’est le don de la manne, ce pain venu du ciel (Exode 13,17-22) et le sang de l’Alliance sur le Sinaï (Exode 24, 3-11).
Je vous invite à continuer cette recherche. Vous trouverez dans l’Ancien Testament bien d’autres signes qui nous laissent deviner que Dieu a longtemps rêvé à ce don de l’Eucharistie. Voici quelques pistes. La Sagesse de Dieu nous invite : « Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j'ai préparé! » (Proverbes 9, 1-6 ). Le Psalmiste chante :« Devant moi tu apprêtes une table face à mes adversaires; ma coupe déborde » (Psaumes 22,5). Dieu donne à Élie le pain pour la route (1 Rois 19, 4-8)….
†Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau