Dans son encyclique Caritas in Veritate, publiée en juin dernier, le pape Benoît XVI nous rappelait que « Donner à manger aux affamés est un impératif éthique pour l’Église universelle, qui répond aux enseignements de solidarité et de partage de son Fondateur, le Seigneur Jésus. » Ce devoir de solidarité va beaucoup plus loin que l’envoi de vivres à ceux et celles dont la survie est menacée par la famine. En effet, nous rappelait le Saint Père, « le problème de l’insécurité alimentaire doit être affronté dans une perspective à long terme, en éliminant les causes structurelles qui en sont à l’origine et en promouvant le développement agricole des pays les plus pauvres. »
À l’occasion du Carême de Partage, Développement et Paix nous propose un geste concret en faveur de la sécurité alimentaire. L’action de cet organisme de l’Église catholique vise précisément à s’attaquer aux causes de la pauvreté. Plusieurs des projets que Développement et Paix finance en Afrique, en Amérique et en Asie visent à développer une agriculture productive, respectueuse de l’environnement, et destinée avant tout à subvenir aux besoins des populations locales.
Les Canadiens ont fait preuve d’une grande générosité en faveur des victimes du tremblement de terre survenu au début de l’année en Haïti. Grâce à ces dons, plusieurs organisations dont Développement et Paix et son partenaire Caritas ont pu venir en aide rapidement et efficacement aux populations touchées.
Ce serait toutefois une erreur de répondre « J’ai déjà donné » à ce nouvel appel de Développement et Paix, car l’aide d’urgence en cas de catastrophe est une chose, et l’aide au développement en est une autre, fort différente et également nécessaire. Seule l’aide au développement amènera des progrès durables dans notre combat contre l’injustice, la pauvreté et la famine.
J’invite donc toutes les paroisses du diocèse de Gatineau à participer au Carême de partage. J’aimerais également rappeler que le terme « Carême de Partage » a été créé par les évêques du Canada pour désigner la campagne de Développement et paix, et ne devrait nommer que celle-ci. Il serait d’ailleurs préférable de ne pas accueillir d’autres campagnes de financement durant le carême afin d’éviter toute confusion.
Je remercie toutes les personnes, groupes et paroisses qui donneront suite généreusement à cet appel et marqueront ainsi ce carême 2010 par un geste de générosité et de solidarité, tel que notre foi en Jésus nous le demande.
† Roger Ébacher
Archevêque de Gatineau
2 février 2010